Press Release / 4 Juin 2010

Global Witness demande une enquête indépendante immédiate sur la mort d'un activiste congolais

C'est avec une tristesse extrême que Global Witness a appris le décès de Floribert Chebeya, le directeur exécutif de l'organisation des droits de l'Homme, Voix des Sans Voix (VSV). Le 2 juin 2010, Floribert Chebeya Bahizire a été retrouvé mort à la périphérie de Kinshasa, la capitale de la République Démocratique du Congo.

M. Chebeya avait été sommé de rencontrer l'Inspecteur Général de la police nationale à Kinshasa le 1er juin et avait disparu peu de temps après son départ pour le commissariat central de police. L'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'Homme, un programme conjoint de la Fédération Internationale des ligues des Droits de l'Homme (FIDH) et de l'Organisation Mondiale contre la Torture (OMCT), avait publié le 2 juin une déclaration exprimant leur inquiétude quant à la disparition de M. Chebeya et son chauffeur, M. Bazana, lui aussi membre de VSV. Le corps de M. Chebeya a été retrouvé plus tard dans sa voiture.

"Nous sommes profondément choqués par la mort de Chebeya. C'était un activiste des droits de l'Homme et un militant pour la démocratie de premier plan dont le travail était très respecté. C'est une grande perte", a déclaré Patrick Alley, directeur de Global Witness. 

Chebeya, un important activiste des droits de l'Homme depuis plusieurs décennies, avait été harcelé par les autorités congolaises à de nombreuses reprises pour son travail. Récemment, en mars 2009, il avait été battu, illégalement arrêté et détenu pendant deux jours par la police nationale, avec deux autres activistes.

Global Witness soutient les nombreux appels des organisations des droits de l'Homme congolaises et internationales et des Nations Unies pour une enquête indépendante, crédible et exhaustive sur sa mort, et sur la disparition de M. Bazana.

Global Witness a pris note que des actes d'intimidation et des attaques ont souvent été perpétrées par les autorités congolaises à l'encontre des journalistes, des activistes des droits de l'Homme et d'autres membres de la société civile. De sérieux chefs d'accusation assortis de lourdes peines, notamment l'accusation d'atteinte à la sécurité de l'État, ont été retenus par le passé pour étouffer les critiques à l'égard du gouvernement.

Global Witness exprime ses plus sincères condoléances à la famille, aux amis et collègues de M. Chebeya.

Ends/

Contact : Emilie Serralta, +44 207 492 5848, [email protected]