Press release / 5 Nov 2017

Les Paradise Papers : les pratiques offshore secrètes de Glencore, entreprise du FTSE100, mises au jour

Les révélations rendues publiques aujourd’hui dans le cadre des Paradise Papers exposent la manière dont les riches et les puissants utilisent des paradis fiscaux offshore pour dissimuler leurs pratiques commerciales. Parmi toutes les entreprises impliquées, un géant ressort du lot : Glencore, une entreprise du FTSE100 leader du commerce des matières premières.

Les Paradise Papers révèlent des informations accablantes au sujet des contrats passés par Glencore en République démocratique du Congo, où l’entreprise est propriétaire de deux énormes mines de cuivre et de cobalt. Comme le montre un procès verbal confidentiel du conseil d’administration, Dan Gertler, un intermédiaire tristement célèbre au Congo, a personnellement négocié les permis d’exploitation minière de Katanga Mining, une entreprise alors en cours de rachat par Glencore. Glencore a fait pression pour que ce soit Dan Gertler qui assure cette fonction. Sa récompense : des dizaines de millions de dollars en prêts et options sur titres.

Le milliardaire a joué un rôle crucial dans toutes les opérations de Glencore au Congo. Ami proche du président congolais, il est lié à de nombreux scandales de corruption dans le secteur minier. Ces révélations viendront appuyer les revendications de tous ceux qui souhaitent voir s’ouvrir une enquête pour corruption destinée à faire la lumière sur les pratiques commerciales entre Glencore et Dan Gertler au Congo. Glencore et Dan Gertler ont nié tous agissements illégaux.

« Glencore est considérée comme la plus grande entreprise dont vous ayez jamais entendu parler et désormais, si elle fait la une des journaux, c’est justement à cause des outils qu’elle utilise pour brouiller les pistes. Elle doit une explication au monde entier pour justifier de son utilisation d’une entreprise offshore secrète pour verser des millions de dollars à un personnage controversé, ami du président congolais et qui est lié à des scandales de corruption. Le Serious Fraud Office [service britannique de répression des fraudes] doit ouvrir une enquête », a déclaré Daniel Balint-Kurti, responsable des enquêtes de Global Witness.

Global Witness a publié des rapports sur les liens entre Glencore et Dan Gertler depuis 2012 et s’est inquiétée de possibles cas de corruption. Nous avons démontré que Glencore a versé plus d’un demi-milliard de dollars à des compagnies offshore détenues par Dan Gertler, ce qui lui a permis de réaliser un bénéfice d’au moins 67 millions de dollars US sans prendre de risques. Nous avons également mis au jour qu’une entreprise opaque détenue par Glencore aux Bermudes a prêté la somme de 45 millions de dollars US à une entité de Dan Gertler tout aussi secrète installée aux Îles vierges britanniques sans le déclarer.

Des documents rendus publics dans le cadre des Paradise Papers montrent que Glencore a accordé ce prêt secret à Dan Gertler pour son rôle dans les négociations minières avec le gouvernement congolais. Sa relation avec Dan Gertler va bien plus loin que ce qu’a admis Glencore jusqu’à présent et fait craindre un possible cas de corruption. L’année dernière, un fonds spéculatif new-yorkais s’était entendu avec l’administration américaine pour payer 412 millions de dollars US suite à des accusations de corruption. Il avait avoué que son partenaire au Congo, généralement identifié comme étant Dan Gertler, avait versé des pots-de-vin à des responsables congolais en son nom.

Les marchés secrets sur des mines détenues par l’État passés au moyen d’entreprises offshore représentent un problème de taille au Congo. L’Africa Progress Panel présidé par Kofi Annan a démontré que le pays a ainsi perdu un montant estimé à 1,4 milliard de dollars US à cause de la vente secrète de mines publiques sous-évaluées à des entreprises des Îles vierges britanniques – cette somme représente le double des budgets annuels cumulés du Congo pour la santé et l’éducation.

Glencore n’a cessé de défendre son partenariat avec Dan Gertler. En réponse à Global Witness, elle a affirmé que les contrats avec ce dernier avaient été passés « en toute indépendance » et étaient « absolument irréprochables ». L’entreprise a assuré que la vérification des antécédents de Dan Gertler avait été « complets et approfondis ».  Les avocats de ce dernier ont dénoncé les accusations de corruption comme étant « fausses et sans fondement » et rejeté toute suggestion d’agissements illégaux.

Lire notre guide:  Glencore: « la plus grande entreprise dont vous ayez jamais entendu parler »  

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